04 Juillet 2020 / Robert Marcy : File la laine

12 juillet 2020

2020

Chers amis méli-mélomanes, 

 
« Une chanson…un samedanche? », vous entends-je vous exclamer, les sourcils froncés à la Clint Eastwood…Eh bien oui, un samedi . Et pas n’importe quel samedi. Le 4 juillet. Rien à voir avec l’Independance Day. Ne nous trumpons pas de célébration. 
 
C’est aujourd’hui que Robert Marx fête ses 100 ans. Certains ne jureront que par Karl, d’autres par Groucho, Chico ou Harpo, les plus gourmands par Thierry. Même parmi mes ancêtres célèbres, il y a un Roger Marx. Bref, comme Tennessee, on a tous en nous quelque chose de marxiste.
 
Mais revenons à Robert Marx. Donc, né le 04 juillet 1920, il commence sa carrière d’acteur au Théâtre de l’Atelier en 1938, sous la direction de Charles Dullin et au Conservatoire sous la direction de Louis Jouvet. Mais voici que les temps deviennent difficiles, surtout quand on s’appelle « Marx ». Jusqu’en 1942, il parvient à poursuivre sa carrière d’acteur à Montpellier avec la troupe « La Comédie en Provence » mais les lois de Vichy l’obligent à se réfugier dans des fermes de Dordogne où des justes le cachent jusqu’à la fin de la guerre. C’est sans doute à cette époque qu’il choisit de changer de nom: Robert Marx devient Robert Marcy. 
 
Après-guerre, Robert Marcy continuera à briller sous les feux de la rampe. En 1957, il fonde avec son épouse Denise Bosc (1916 – 2002) le Groupe Artistique de Paris (GAP) dont il est le metteur en scène. Il défraie la chronique en 1959 en montant « L’Ecole de Femmes » en costumes du vingtième siècle…Mais il adapte aussi pour le théâtre les romans de Bernanos et de Flaubert. Vous dresser la liste de toutes les pièces où Robert Marcy a joué serait un vrai pensum pour vous comme pour moi, mais sachez qu’il n’a jamais quitté la scène, et qu’en novembre 2019, il faisait encore des lectures publiques.
 
Parallèlement à sa brillante carrière d’acteur, il a composé des chansons , comme la cocasse « Queue du chat » rendue célèbre par les Frères Jacques en 1947, ou comme votre chanson du dimanche « File la Laine » en 1948, que j’ai longtemps tenue pour une de nos « vieilles chansons de France » , au même titre que  » Aux Marches du Palais » ou « Le Roi a fait battre tambour ». Il faut dire que le vocabulaire médiéval nous enduit d’erreur. M’enfin, Viollet-le-Duc et Philippe de Villiers font bien dans le médiéval aussi, à leurs époques respectives…Alors…
 
Et puis, c’était un homme de radio et de télévision. Avec sa femme, il produit nombre d’émissions de variétés littéraires et musicales dans les années 50, et puis, avec son complice Henri Salvador, il anime sur Europe 1 l’émission Salvadorissimo, sur des textes de Jean-Loup Dabadie, et présente Musicorama, récital hebdomadaire à l’Olympia . A la télévision, j’ai très souvent entendu sa voix, sans savoir que c’était lui puisqu’il faisait la voix du commentateur de la course de voitures des « Fous du volant ». Ah, Satanas, Diabolo, Pénélope Joli-Coeur et Pierre de Beau-Fixe…
 
Bref, vous l’aurez compris: il y a de quoi être marxiste aujourd’hui. Mélomanes de tous les pays, unissez-vous…
 
Bon début de juillet à tous, et à dimanche de la semaine prochaine…
 
Gabrielle. 
 
 
Image de prévisualisation YouTube
 

Dans la chanson de nos pères

Monsieur de Malbrough est mort

Si c’était un pauvre hère

On n’en dirait rien encore

Mais la dame à sa fenêtre

Pleurant sur son triste sort

Dans mille ans, deux mille peut-être

Se désolera encore.
File la laine, filent les jours

Garde ma peine et mon amour

Livre d’images des rêves lourds

Ouvre la page à l’éternel retour.
Hennins aux rubans de soie

Chansons bleues des troubadours

Regrets des festins de joie

Ou fleurs du joli tambour

Dans la grande cheminée

S’éteint le feu du bonheur

Car la dame abandonnée

Ne retrouvera son cœur.
Croisés des grandes batailles

Sachez vos lances manier

Ajustez cottes de mailles

Armures et boucliers

Si l’ennemi vous assaille

Gardez-vous de trépasser

Car derrière vos murailles

On attend sans se lasser.

 

À propos de gabygaby39

Un peu de poésie dans un monde de brutes, quelques vers pour voir le monde autrement et surtout par le trou de notre nombril, des jeux sur les sons et les sens pour créer l'impossible, bref pour rompre notre accoutumance qui rend la réalité invisible...

Voir tous les articles de gabygaby39

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

BBS JAZZ |
Thecdqp |
Lafabrikenmusik |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Production du cabanon
| Lamineur
| Frazz