3 Février 2019 / Sacha Distel : Ma première guitare

22 février 2019

2019

Chers amis méli-mélomanes,
 
Sacha Distel, donc, aurait eu 85 ans mardi dernier, disais-je dans ma dernière bafouille. Pour ma  génération qui a grandi à l’ère du disco, Distel était un chanteur de variété qui se produisait chez Maritie et Gilbert Carpentier, et qui s’est sans doute quelque peu fourvoyé dans le prêt-à-écouter commercial, vers la fin de sa carrière. Faut bien vivre avec son temps, ma pauv’ dame. Faut bien vivre, tout court. L’autre jour , je réécoutais « Le bateau blanc », qui était très en vogue en 1980. C’est très généreux, bien intentionné, ça ne ferait pas de mal à une sardine, mais bon, on peut oublier.
 
Remontons donc le temps. Je me souviens que Georges Pérec écrivait: « Je me souviens de l’époque où Sacha Distel était guitariste de Jazz ». C’est grâce à son oncle, Ray Ventura, que Sacha a vu pour la première fois un orchestre de Jazz. C’était celui de Dizzy Gillespie, à l’Alhambra, en 1948. Et puis, de retour d’un voyage à New York, il a été guitariste de jazz dans les boites de Saint-Germain des Prés. En 1955, il a enregistré avec Lionel Hampton l’album French New Sound et avec John Lewis le pianiste du Modern Jazz Quartet « Afternoon in Paris ». Bref, il est considéré comme le meilleur guitariste de jazz et se met à jouer avec les plus grands, comme Stéphane Grappelli. Et puis, à partir de 1959, il se mettra à chanter, d’abord à coups de pommes, de poires et de scoubidous (Whoauh!), puis ce sera la Belle Vie, et des sambas festives comme « L’incendie à Rio », ou des chachas comme « Scandales dans la famille ». Et puis des adaptations plus ou moins heureuses de tubes venus d’Amérique, comme le chef d’oeuvre « Toute la pluie tombe sur moi », ou le moins bien réussi « Toutes les mêmes » (là, j’avoue ma préférence pour le « Love is all » de Roger Glover »).
 
Je vous propose donc aujourd’hui de retrouver Sacha Distel dans son duo de 1972 avec Stéphane Grappelli (1908 – 1997) qui, lui a bien connu Django Reinhardt (1910 – 1953).
 
Un duo formidable!
 
Gabrielle.
 

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J’avais quinze ans,

C’était le temps
De Ma première guitare,
Et tout ce temps
Revient souvent
Du fond de ma mémoire.
Ces quinze ans-là
C’était Django
Qui les mettait en fête.
En ce temps-là
C’était Django
Qu’on avait dans la tête.
Dans sa musique, il y avait comme une odeur de feu de bois,
Il y avait un je-ne-sais-quoi,
Moitié Harlem,
Moitié Bohème.
Et sur tout ça passaient, joyeux, de merveilleux nuages,
Pareils à ceux
Qu’ont dans les yeux
Tous les gens du voyage.

 
Depuis ce temps,
J’ai eu le temps
De changer de guitare,
  Mais le gitan
De mes quinze ans
Est là dans ma mémoire.
Et, bien des fois,
C’est malgré moi,
Il me vient quelques notes
Comme un refrain
Venu soudain
Du fond d’une roulotte.
Alors je sens sous mes doigts monter l’odeur du feu de bois,
J’entends comme un je-ne-sais-quoi
Moitié Harlem
Moitié Bohème.
Et sur mon cœur passent, joyeux, ces merveilleux nuages
Pareils à ceux
Qu’ont dans les yeux
Les enfants du voyage.

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Un peu de poésie dans un monde de brutes, quelques vers pour voir le monde autrement et surtout par le trou de notre nombril, des jeux sur les sons et les sens pour créer l'impossible, bref pour rompre notre accoutumance qui rend la réalité invisible...

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