11 Octobre 2015 / Anne Sylvestre : Les gens qui doutent

14 février 2019

2015

Chers amis méli-mélomanes!

 

Qui n’a jamais croisé un « Monsieur-je-sais-tout » ,
Un beau-parleur navrant qui s’écoute jacter,
Un pédant qui se prend pour le Grand Manitou
Et qui croit détenir toute La Vérité?

Aux soirées entre amis, il a réponse à tout,
Confisque la parole au nez des invités.
Son ton professoral semble son seul atout:
Son propos à coup sûr est plein de vacuité!

Trop courtois, on l’écoute en regardant sa montre.
En silence, on maudit cette vile rencontre
Et d’ urgence, on essaie de trouver une excuse

Pour partir! Non, mais quoi? J’en connais qui abusent!…
Point de pitié! Fuyons ces logorrhées sinistres!
N’ayons aucun scrupule à écarter les cuistres!

Gabrielle. 

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Les gens qui doutent (Anne Sylvestre)

J’aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J’aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J’aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J’aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n’auront pas honte
De n’être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n’avoir pas su dire
« Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur »

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui n’osent
S’approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n’être
Qu’une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l’âme,
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l’Histoire
Leur rende les honneurs

J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui doutent
Et voudraient qu’on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu’on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu’on leur dise que l’âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu’on les remercie
Qu’on leur dise, on leur crie
« Merci d’avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu’elles ont pu. »

À propos de gabygaby39

Un peu de poésie dans un monde de brutes, quelques vers pour voir le monde autrement et surtout par le trou de notre nombril, des jeux sur les sons et les sens pour créer l'impossible, bref pour rompre notre accoutumance qui rend la réalité invisible...

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